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Chute des cours des métaux, revisitation des contrats, crise financière/Moïse Katumbi : alarmiste ou visionnaire ?
Faisant sien le principe selon lequel gouverner c’est prévoir, le gouverneur élu du Katanga avait tiré la sonnette d’alarme sur les signes avant-coureurs de la crise qui allait s’abattre d’abord sur sa juridiction ensuite sur toute la République. Du coup Moïse Katumbi a été traité d’alarmiste. Or, ce jour, la suite des événements fait de lui un visionnaire.
Les effets de la crise financière internationale pouvaient bien être amortis en RDC si l’on avait respecté le principe qui dit que gouverner c’est prévoir. Le danger se profilait à l’horizon depuis un certain temps mais beaucoup de responsables politiques et monétaires se sont refusé à s’en apercevoir. Ils ont préféré, en lieu et place de l’anticipation, la politique de l’autruche.
Ils ont minimisé la tempête qui secouait le monde occidental comme si la RDC, dans le cadre de la mondialisation pouvait être épargnée. Ils ont pratiqué l’expectative jusqu’à ce que les effets de la crise aient été ressentis durement dans tous les secteurs et dans les ménages congolais.
En l’espace de quelques jours, la surchauffe monétaire a fait que le taux de change a battu tous les records d’escalade. Il a atteint le pic de 800 Fc contre 1 Usd. L’élan pris par la dépréciation de la monnaie nationale la semaine dernière était tel que l’on courait droit vers le précipice ou un tsunami version congolaise.
Il a fallu ce risque, somme toute trop grand, pour que le gouvernement se ressaisisse et tente de sauver les meubles. Jeudi dernier, le Premier ministre a convoqué une réunion de la cellule de crise à laquelle la FEC et des banques privées ont été associées. Il fallait parer au plus pressé.
Il faut dire tout de suite que cette réunion a eu l’avantage de se pencher, enfin, sur les causes de la surchauffe avant de prendre des mesures d’urgence. Une réunion digne d’un mea culpa du gouvernement et de l’autorité monétaire qui ont reconnu que les recettes provenant du secteur sont pour beaucoup dans la surchauffe observée.
Du retard dans la revisitation des contrats miniers
Or, quelques mois auparavant le gouverneur du Katanga avait pris le soin d’aviser sur la survenance d’un danger qui se profilait déjà à l’horizon. Il avait eu l’avantage de lire les signes du temps, en sa qualité d’ancien homme d’affaires avisé. La démarche de Moïse Katumbi, mal comprise en son temps, avait consisté à prévenir le pouvoir central sur le danger qui guettait la principale source de revenus de l’Etat au Katanga que sont les entreprises minières et par ricochet de la République.
Il demandait avec insistance que le processus de revisitation des contrats miniers annoncé par le gouvernement soit accéléré afin de permettre aux entreprises minières engagées sur le terrain au Katanga d’obtenir le financement nécessaire à leur investissement ; d’autant que la plupart étaient encore à la phase d’exploration.
Du coup, de mauvaises langues l’avaient qualifié d’alarmiste qui agitait un épouvantail juste pour protéger ses affaires. Aujourd’hui, tous s’accordent pour reconnaître qu’il a été un visionnaire. Nombreuses « minings » ont mis la clé sous le paillasson. Entrainant par le fait même la suppression des dizaines d’emplois directs et indirects. Le coût de production devenant supérieur au bénéfice, du fait de la chute des cours des métaux, les unes ont arrêté leurs activités en attendant le retour de l’embellie.
Le retard mis dans le processus de revisitation des contrats miniers- deux ans au lieu de trois mois annoncés au départ- a bloqué quelques « minings » qui ont été surpris pendant cette période d’attente par les effets de la crise financière internationale. Si bien que le complément de financement attendu de leurs banquiers était devenu une gageure. Sans parler de la chute des cours des métaux. Qui a frappé de plein fouet tous les opérateurs du secteur minier de la province du Katanga.
Les effets de cette crise n’ont pas épargné l’ensemble de la République. Au point que les finances publiques s’en ressentent, le Katanga étant une province qui contribue à hauteur d’environ 50 % au budget de l’Etat. La suite des événements a fini par donner raison au gouverneur Moïse Katumbi Chapwe qui, de l’alarmiste, est devenu visionnaire éclairé.
Par Willy Kabwe
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